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Médias

Lettre ouverte

S’occuper de ses «vieux», c’est bon pour la société

Sophie Zhang, médecin de famille, pour le comité directeur de la Communauté de pratique des médecins en CHSLD (CPMC)

Publié le 19 janvier 2021. www.ledevoir.com

Dans les derniers jours, nous avons suivi avec préoccupation ce qui se dit sur la place publique des patients en CHSLD dans le réseau de la santé. Les discours opposant les « vieux » aux « jeunes » ou insinuant que les uns prennent injustement la place des autres nous ont profondément perturbés. Nous souhaitons clarifier quelques points dans ce débat.

Dans le rapport de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) sur la première vague, paru en décembre 2020, on nous informe que « [l]es personnes résidant en CHSLD étaient relativement peu souvent hospitalisées, mais elles étaient lourdement affectées par les décès ». En effet, même si 64,9 % des décès au Québec sont survenus chez la population en CHSLD, elle ne représentait que 12,9 % des hospitalisations.

Nous n’avons pas de chiffres actuels, mais les constats sur le terrain nous laissent croire que la tendance est semblable dans cette deuxième vague. D’ailleurs, l’INESSS n’inclut même pas les patients en CHSLD dans ses projections hebdomadaires vu leur faible utilisation des ressources hospitalières. Il est donc faux de croire que nos patients en CHSLD contribuent de façon importante au débordement des hôpitaux ou qu’ils sont responsables du délestage des soins aigus, situation que nous déplorons tous.

En fait, contrairement à ce qu’on laisse entendre, ce ne sont pas majoritairement des personnes en fin de parcours, mais des citoyens d’un certain âge vivant en communauté qui représentent les plus hauts taux d’occupation des lits d’hospitalisation et de soins intensifs. Sachant cela, si on se lance dans une opposition de « vieux » contre « jeunes », à quel seuil d’âge commence-t-on à considérer quelqu’un comme « vieux » ? Quand considère-t-on qu’une personne « a vécu sa vie », sachant que certains jeunes ont de lourds problèmes de santé, alors que certains vieux sont en forme ? Notons que l’âge moyen de certains groupes de médecins et de politiciens tombe dans les tranches d’âge les plus admises aux soins intensifs.

Nous sommes d’avis qu’en tant que société, nous devons nous éloigner de ce genre de vision dichotomique, pente glissante qui mène trop souvent vers l’âgisme. Évidemment, dans un contexte de pénurie de lits ou de ventilateurs, une priorisation des ressources basée sur des critères objectifs de chance de survie nous paraît tout à fait éthique. D’ailleurs, les « vieux » donneraient sans hésitation leur place aux « jeunes » !

Nous aimerions donc rediriger le discours public vers un autre modèle : « les bons soins, à la bonne personne, à la bonne place ». Pour les patients en CHSLD, il nous paraît évident que les soins les plus optimaux sont ceux prodigués à même leur milieu. C’est pour cela que nous travaillons avec acharnement pour les soigner, jour et nuit, en CHSLD.

Cependant, nos patients ont à l’occasion besoin du plateau technique de l’hôpital. Par exemple, les patients plus jeunes avec une déficience intellectuelle ou physique, qui ont une très bonne espérance de vie, sont candidats à des soins actifs lorsque leur état se détériore. De plus, une personne âgée qui se fracture la hanche devra subir une opération d’urgence pour retrouver sa qualité de vie et son confort. Enfin, certains problèmes de santé aigus ou chroniques décompensés peuvent avoir besoin d’être traités à l’hôpital. Nous ne voudrions pas qu’une vision tendancieuse finisse par bloquer l’accès aux hôpitaux basé sur l’étiquette de la provenance « CHSLD ».

Une correction s’impose

Malheureusement, depuis la pandémie, trop de patients se sont retrouvés à l’hôpital non pas parce que c’était médicalement requis, mais à cause d’une incapacité de leurs milieux à fournir les soins essentiels à leur état de santé. Il faut d’urgence travailler ensemble pour corriger ces problèmes, à court, moyen et long terme. Le délestage vers les équipes de soins à domicile et les CHSLD est donc, aussi, une façon de désengorger les hôpitaux pendant la pandémie.

Post-crise, surtout avec le vieillissement de la population, il faudra repenser notre offre globale de services dans le continuum des soins aux personnes âgées, afin qu’elles reçoivent toujours les meilleurs soins dans le milieu le plus adapté, idéalement en amont de l’hôpital. Il est bien connu que la recette gagnante pour diminuer l’influx de patients dans les urgences est de rehausser et d’améliorer les soins de première ligne, à domicile, dans les résidences et dans les CHSLD.

Enfin, nous aimerions souligner que la mort n’est pas un tabou en CHSLD. Nous la côtoyons régulièrement. C’est l’aboutissement de tout être humain sur cette terre et elle ne nous fait pas peur. D’ailleurs, nous accompagnons la plupart de nos patients et leurs proches pendant la dernière tranche de vie et nous avons comme mission prioritaire d’offrir les meilleurs soins de fin de vie possible.

Or, la pénurie de ressources matérielles et humaines en CHSLD (de longue date, mais exacerbée par la pandémie) et la transformation de nos milieux de vie en mini-hôpitaux de soins COVID-19 nous ont trop souvent empêchés de donner les soins de fin de vie optimaux, au cœur de la tempête des éclosions, durant la première vague et même maintenant. Le rapport dévastateur du Protecteur du citoyen l’a bien mis en lumière.

S’il y a une chose que nous avons apprise de la pandémie, c’est que le décès d’une personne en CHSLD des suites de la COVID-19 n’est pas une tragédie, mais son départ de ce monde dans la souffrance et la solitude, sans les soins nécessaires, sont au rang de l’inacceptable.

Nous ne demandons pas une place égale dans les hôpitaux ou les soins intensifs pour nos patients. Nous ne demandons même pas qu’ils vivent à tout prix. Mais nous demandons qu’ils reçoivent des soins dans la dignité, ce que tout le monde mérite à titre égal.

Lettre au gouvernement

La dignité pour nos collègues et nos patients en CHSLD

La lettre s’adresse au premier ministre, François Legault, au nouveau ministre de la Santé, Christian Dubé, et à la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais.

Publié dans La Presse le 28 juin 2020

Sophie Zhang et Catherine Richer
Co-chefs adjointes hébergement, CIUSSS Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, et 221 médecins signataires en provenance des CIUSSS/CISSS, en plus des 200 membres de la Société québécoise de gériatrie*

Chers Monsieur Legault, Monsieur Dubé et Madame Blais,

Depuis des années, bien avant la COVID-19, les voix des soignants, des gestionnaires, des familles et des comités de résidants s’élevaient pour dénoncer les conditions des CHSLD. Elles n’ont pas été écoutées. Les médias et les politiciens ont préféré parler de deuxième bain et de menus, mettre des pansements sur quelques bobos, puis passer à autre chose. Il a fallu la pandémie et un nombre tragique de décès pour que le sort des personnes âgées hébergées fasse les manchettes et que soit entamée une réelle conversation publique sur les défaillances du système québécois, dont les CHSLD – non par hasard – ont fait piètre figure dans le monde.

Nous, médecins réguliers et dépanneurs en CHSLD, tenons à profiter de ce moment historique et cette tribune pour passer un message au gouvernement : il n’y aura plus de retour possible aux temps pré-COVID-19. Il faut que ça change, et vite.

Travaillant également en clinique, à l’urgence, aux soins à domicile, en soins palliatifs et à l’hospitalisation, nous sommes témoins depuis trop longtemps d’un double standard dans le réseau, parfois au sein même d’un CISSS/CIUSSS, en défaveur du secteur hébergement.

Alors que les hôpitaux ont le droit à des surplus de personnel, on nous l’interdit. Alors que des hôpitaux tertiaires sont construits à coup de milliards, nous n’avons même pas les équipements médicaux de base pour fonctionner au quotidien. Alors que des embauches importantes ont lieu en GMF, nous sommes en déficit chronique de toutes les classes de professionnel depuis des années. Alors que les cliniques ont des excès de budget informatique qui leur permettent d’acheter des tablettes à tous leurs membres, nous n’avons même pas accès à un ordinateur fonctionnel par unité. Alors que la majorité du réseau est en voie de compléter la transition vers les dossiers électroniques, il n’y a même pas de plan en ce sens pour les CHSLD. Et on en passe.

Le même « deux poids, deux mesures » a été vécu avec la COVID-19. Pendant que les hôpitaux se préparaient pour la guerre, avec le déploiement massif de lits et d’infrastructures, nos centres, par manque d’effectifs et d’équipement, ne pouvaient même pas respecter les mesures de base en prévention et contrôle des infections, comme le personnel dédié à la COVID-19 et la création de zones chaudes. Il y a eu de longs délais avant que nous puissions faire des dépistages et encore d’autres délais avant que nous puissions protéger adéquatement notre personnel.

Entre-temps, le ministère nous sommait de garder les patients infectés et d’éviter à tout prix les transferts hospitaliers. Nous avons répondu à l’appel : nous avons soigné sur place nos patients, même très malades, transformant nos milieux de vie en mini-hôpitaux… souvent au prix du bien-être de notre personnel déjà épuisé. En effet, la tendance vers des soins de plus en plus actifs dans nos CHSLD est amorcée depuis longtemps. Pourtant, il est inconcevable que nous puissions offrir des soins médicaux plus intensifs à des patients plus complexes sans ressources humaines et matérielles supplémentaires. Messieurs Legault et Dubé et Mme Blais, soyons donc clairs pour la suite : nous n’accepterons plus l’inacceptable.

En attendant la deuxième vague, pour éviter une autre tragédie à l’automne, voici des pistes de solutions à déployer d’urgence en CHSLD : des ratios d’effectifs infirmiers et préposés rehaussés et humains, permettant au personnel de ne pas juste donner des soins minimaux, mais des soins optimaux. Des salaires et des conditions de travail attrayants, à la hauteur des demandes des préposés et des infirmières. Une structure de gestion et de ressources humaines permettant la stabilité des effectifs dans un même centre, sans avoir continuellement recours aux mobilités inter-site, au temps supplémentaire obligatoire ou au personnel d’agence. Un rehaussement massif de toutes les classes de professionnels de la santé (techniciens en réadaptation, ergothérapeutes, nutritionnistes, pharmaciens, travailleurs sociaux, éducateurs, intervenants en loisirs) pour une réelle prise en charge multidisciplinaire. Un budget augmenté et flexible pour les équipements médicaux et informatiques, à égalité avec les autres milieux de soins. Des investissements importants et pérennes pour la rénovation des infrastructures existantes, entre autres la transformation des chambres et salles de bain partagées en chambres privées, en plus de la construction de nouvelles infrastructures. Le déploiement du dossier médical électronique. Une gouvernance locale forte et efficace, adaptée à la clientèle de chaque centre.

Si les enjeux soulevés ici, qui sont à la racine de la crise en CHSLD, ne sont pas réglés, la promesse des Maisons des aînés ne s’avérera qu’une illusion, le même fond sous une autre forme.

Tout projet pour personnes âgées devra tenir compte de l’écart formidable entre les services offerts par nos institutions désuètes et les besoins actuels d’une clientèle en grave perte d’autonomie et de plus en plus lourde sur le plan médical.

Par ailleurs, nous sommes très inquiets du rôle que le secteur privé aura à jouer dans les Maisons des aînés, car nous avons vu la catastrophe des CHSLD privés en Ontario et au Québec, où le profit l’a emporté sur le bien-être du personnel et des résidants. Il nous faut une garantie que les enjeux monétaires ne seront plus jamais une excuse pour la piètre qualité des soins.

Chers messieurs Legault et Dubé et Mme Blais, nous les médecins en CHSLD demandons, comme minimum, la dignité pour nos collègues et nos patients. Comme idéal, un traitement juste et égalitaire au sein du réseau de la santé. Longtemps avant la COVID-19, nous étions là pour faire entendre les voix de ces « bâtisseurs du Québec » et nous continuerons à être là, à défendre les plus vulnérables de la société, même quand ce ne sera plus un sujet d’actualité. Si vous ne nous aidez pas à changer les choses, nous serons des centaines à venir cogner à vos portes, avec la population québécoise derrière nous.

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